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Focus sur les méningiomes intracrâniens

Focus sur les méningiomes intracrâniens

21 December 2019
Pathologies

Les méningiomes restent dans la grande majorité des cas des tumeurs crâniennes bénignes (95% des cas), et qui se développent à partir des méninges, c’est à dire l’enveloppe du cerveau. La croissance est généralement lente sur plusieurs années.

Les méningiomes intracrâniens

Les méningiomes sont des tumeurs cérébrales en général bénignes, qui se développent à partir des méninges, c’est à dire l’enveloppe du cerveau. Ce sont les tumeurs intra-crâniennes les plus fréquentes, avec les gliomes. Elles représentent jusqu’à 35% des tumeurs cérébrales chez l’adulte.

Ces tumeurs apparaissent souvent après 50 ans, mais il n’est pas rare de découvrir des méningiomes chez l’adulte plus jeune. Il existe également une nette prédominance féminine. Les méningiomes sont 2 fois plus fréquent chez les femmes.

Les méningiomes, à la différence des gliomes, n’infiltrent pas directement le cerveau, mais le repoussent, pouvant entrainer une compression plus ou moins importante de celui-ci. Les tailles sont très variables, de quelques millimètres à plus de 10 cm dans certains cas. En général « solitaire », les méningiomes peuvent être multiples chez certains individus.

Y-a-t il des facteurs de risques de développer un méningiome ?

Les facteurs de risques au développement des méningiomes ne sont pas très clairs.

•    Les radiations ionisantes (comme la radiothérapie cérébrale dans l’enfance) sont à ce jour les seuls facteurs de risque bien établis concernant les méningiomes.

•    Le facteur hormonal pourrait jouer un rôle dans la prolifération des cellules méningiomateuses, mais ce rôle n’est pas certain. On sait que les méningiomes sont deux fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, et que ces tumeurs peuvent augmenter de volume lors de la puberté, la grossesse et la menopause. Les études sont contradictoires, et l’utilisation de traitement hormonal substitutif lors de la ménopause, ou la contraception orale, n’augmenterait pas le risque de méningiome. Actuellement seul deux médicaments semblent augmenter le risque de croissance de méningiome : l’acetate de Megestrol et l’acétate de ciprotérone (Androcur®).

•    La prédisposition génétique est décrite comme un facteur de risque possible mais reste rarissime, et se rencontre la plupart des cas dans le cadre des Neurofibromatoses de type II.

Les études actuelles sur les traumatismes crâniens, les ondes électromagnétiques et téléphoniques, n’ont pas montré d’augmentation du risque de développer un méningiome.

Quel est l’évolution d’un méningiome ?

Les méningiomes restent dans la grande majorité des cas des tumeurs bénignes (95% des cas) avec une croissance lente même si les taux de croissance peuvent varier de manière importante d’un patient à l’autre.
Certains méningiomes vont grossir rapidement, alors que d’autres, au contraire vont rester stable toute la vie ou évoluer très lentement.
C’est pour cela que tous les méningiomes découverts ne sont pas à traiter !! Les petits méningiomes de découverte fortuites et sans retentissement sur la santé seront simplement surveillés, en général par une IRM annuelle. Les petits méningiomes qui évoluent pourront être traités par radiochirurgie, alors que d’autres, plus volumineux, seront opérés en neurochirurgie.
Au final, le pronostic d’un méningiome intracrânien dépendra surtout de sa localisation, de son volume, et du retentissement sur certaines zones du cerveau (motricité, langage, nerfs crâniens,…) mais reste de bon pronostic dans la grande majorité des cas.

Quel traitement pour les méningiomes ?

Tous les méningiomes ne sont pas à traiter.
Certains méningiomes de petites tailles et de découverte fortuite seront uniquement surveillés (par IRM), car ils n’évolueront peut être jamais.
Les méningiomes traités sont ceux qui grossissent, qui sont trop volumineux, ou mal tolérés par le cerveau (symptômes neurologiques comme crise d’épilepsie ou déficit neurologique).

Le traitement neurochirurgical des méningiomes

La chirurgie reste le traitement de référence des méningiomes.
L’objectif est de réséquer la totalité du méningiome et de la dure mère où s’insert la tumeur.
La difficulté chirurgicale et les risques opératoires varient en fonction de la localisation du méningiome. La durée d’hospitalisation va donc varier même si la plupart des patients sortent souvent de l’hôpital au bout d’une semaine.
La guérison est la règle dans la majorité des cas après exérèse complète.

En fonction de l’agressivité du méningiome, et de la localisation, il peut arriver qu’un méningiome récidive, raison pour laquelle la surveillance IRM est poursuivi durant quelques années après la chirurgie.

La radiothérapie

La radiothérapie est une alternative au traitement chirurgical, et peut être proposée d’emblée lorsque le méningiome de petite taille évolue, ou lorsqu’il est situé dans une zone difficilement accessible à la chirurgie. La radiothérapie permet de stabiliser le volume tumoral dans la majorité des cas, voire parfois de le diminuer.

La radiothérapie peut être combinée à la chirurgie, lorsque l’exérèse est incomplète, lorsqu’il y existe une récidive locale, ou lorsque le méningiome a un grade histologique agressif (grade II ou III).
La radiothérapie est ainsi discutée au cas par cas entre neurochirurgiens et radiothérapeutes afin de proposer la meilleure solution thérapeutique.

La surveillance sera adaptée à chaque cas, mais il est préconisé un suivi IRM sur plusieurs années.

Progrès dans la chirurgie du méningiome

Le traitement neurochirurgical des méningiomes a été considérablement amélioré au cours des 20 dernières années afin de limiter le risque opératoire, la durée d’hospitalisation et le retentissement psychologique d’une chirurgie du cerveau.
La neurochirurgie est une spécialité de pointe, qui utilise de la haute technologie et le savoir faire d’équipes ultra specialisées.
Le neurochirurgien pourra s’aider d’un système de neuronavigation (= GPS pour le chirurgien), pour repérer la localisation exacte du méningiome et limiter l’incision et l’ouverture crânienne. De nouvelles incisions de petites tailles (dans le sourcil par exemple) ont été développées pour certains types de méningiomes.
La neuro-anesthésie, c’est à dire l’anesthésie au cours de la chirurgie du cerveau a aussi considérablement progressé. Celle-ci permet au neurochirurgien d’opérer dans des conditions optimales de détente cérébrale et d’éviter d’écarter le cerveau au maximum.
La neuroradiologie a fait également des progrès importants : les imageries IRM sont de plus en plus précises, et le chirurgien peut avoir recours dans certains cas de méningiomes hyper vascularisés à une embolisation pré chirurgicale (c’est à dire  que le neuroradiologue « bouche » les artères du méningiomes par une technique dite « endovasculaire »).

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Plus d'informations ?

Société française de Neurochirurgie: SFNC

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